Actualité de Déguignet - Tous les flashs
Un article de GrandTerrier.
MAI 2013 - Un apiculteur breton passionné
Cela commence en 1840-42, lorsque Jean-Marie Déguignet se fait sévèrement piqué par une abeille malfaisante, et qu'il s'en trouve comme métamorphosé : « elle contribua à faire développer mes facultés mentales de façon extraordinaire ».
Et se finit par : « J'ai expédié aujourd'hui même, 6 juin 1903, ce petit traité d'apiculture à Saint-Brieuc, à un personnage nommé Vallée [1], auquel on a dit d'adresser tous les travaux faits en breton de Léon, de Tréguer et de Cornouaille. ».
Dans de nombreuses pages de ses mémoires, Jean-Marie décrit son projet de s'installer comme ermite-apiculteur dans le vallon sauvage de Stang-Odet. Il relate les nombreuses superstitions autour de ces insectes mystérieux, et comment fonctionne en réalité ce monde presque idéal, à l'opposé de l'humain.
Texte intégral => Sevel ar gwenan, l'apiculture bretonne ou la passion des abeilles de J-M. Déguignet
DEC. 2012 - Les séjours à l'HOSPICE de Quimper
Dans ses mémoires, Jean-Marie Déguignet évoque au moins par deux fois ses séjours à l'Hospice de Quimper : en 1848 alors qu'il a 14 ans, et lors de ses dernières années de vie en 1902-1905.
Le jeune mendiant Jean-Marie Déguignet, blessé à la tête en tombant, alors qu'il avait été poursuivi par des abeilles, se vit proposer en 1848, alors qu'il avait 14 ans, un séjour à l'Hospice de Quimper pour s'y faire soigner.
Dès son arrivée, il plante le décor d'un lieu sous l'emprise de l'église et où les enfants de tous milieux étaient abandonnés : « A l’entrée de cet hospice, il y avait un calvaire, et ma mère me montra un grand Christ dont la main gauche était fermé sur le clou. Elle me dit que cette main s’était fermée une nuit qu’une personne très riche avait envoyé dans le tourniquet un enfant ».
Dans les dernières pages de ses mémoires, il relate son séjour dans l'asile des vieux : « Ici, à Quimper, il y a déjà quatre établissements, et les plus beaux, pour l'entretien de tous les tarés et de tous les rebuts de cette malheureuse espèce humaine ». Il surenchérit : « Mais pendant ce temps, on laisse sans soins, sans soucis, se perdre les plus jeunes et les meilleurs sujets, sur lesquels devraient au contraire se porter tous les soins et les soucis ». A-t-il oublié qu'il y fut bien soigné 57 années plus tôt, à l'âge de 14 ans ?
Texte intégral => Les séjours de Jean-Marie Déguignet à l'hospice de Quimper
OCT. 2012 - Le bilan de la GRANDE RÉVOLUTION
Dans ses mémoires, Jean-Marie Déguignet juge la Révolution française de 1789, et énumère les souvenirs laissés par quelques personnages : les bandes de « Dommerien » qui terrorisaient les riches, les prêtres réfractaires en exil dans les grottes, les jésuites qui pratiquaient les punitions corporelles ...
Si la période de la Terreur était vaguement associée au nom de Robespierre, le souvenir le plus tenace était celui des exactions d'une bande de voyous, les chauffeurs (an Dommerien ) : « Il y en avaient encore trois ou quatre richards dans la commune qui ... avaient eu les jambes grillées par des étoupes résinées, et les fesses rôties sur la poêle à crêpes, pour les forcer d'avouer où étaient leurs trésors ».
Le souvenir des prêtres refractaires qui refusaient de prêter serment à la Révolution était aussi encore vivace plus de cent ans après. Des grottes du côté du Stangala avaient été baptisées Toul ar Veleien (le trou des prêtres).
Texte intégral => La vision de Déguignet sur les apports et méfaits de la Grande Révolution
JUIN 2012 - Les Temps Modernes d'ODET
En 1899 Jean-Marie Déguignet apprend qu'à la fabrique de papier Bolloré on avait encore coupé les bras à dix ouvriers d'un coup, avec une machine venant du Creuzot.
En effet, en rendant visite à ce palais de la modernité il se rend compte de cette réalité : « Je voyais des machines tourner partout, en dehors, en haut, en bas, à droite et à gauche. En haut je voyais des monceaux de choses informes s'engouffrer dans des auges où ils étaient broyés et mis en pâte, de là ils passaient dans d'autres auges, puis de là ces monceaux de pourriture purifiés et devenus pâte claire passaient dans des tuyaux qui qui les déversaient sur un plateau de fer chauffé à la vapeur ».
Il le relate si bien dans ses mémoires. Quand il évoque les milliardaires exploiteurs et les ouvriers « impassibles, paisibles, avachis, le ventre vide, en haillons » son style s'amplifie, les phrases s’allongent, le rythme s'accélèrent ...
Un texte qui restera très certainement dans les annales : « Enfin je sortis de ce vaste palais enchanté, émerveillé du génie de l'homme, mais aussi attristé en considérant que ce génie va à l'encontre du but vers lequel il devrait tendre, c'est-à-dire à égaliser un peu le bonheur en ce monde entre tous les individus ».
Texte intégral => Déguignet face aux machines de la papeterie Bolloré à la fin du 19e
AVRIL 2012 - La médaille de CRIMÉE
En juin 1856, de retour en France après sa participation à la prise militaire de Sébastopol, le soldat Déguignet recevra, non sans une certaine fierté retenue, la fameuse médaille de Crimée.
La médaille de Crimée est une médaille commémorative britannique, décernée par la reine Victoria, aux officiers, sous-officiers, soldats et marins de tous grades ayant participé à la guerre de Crimée du 14 septembre 1854 au 8 septembre 1855. Comme les deux pays s'étaient alliés pour mener cette guerre et que La France ne possédait pas à cette date de médaille commémorative de campagne, la médaille de Crimée britannique fut reconnue par le gouvernement français par décret du 26 avril 1856.
Dans cet article, on pourra aussi relire les multiples témoignages sur son exploit guerrier : « Je n'ai pas la prétention de faire ici l'historique de cette grande journée, ne faisant ni de l'histoire ni œuvre littéraire », et les comparer à ceux de Léon Tolstoï qui combattait dans le camp ennemi des Russes.
Texte intégral => La médaille de Crimée de Jean-Marie Déguignet
JAN. 2012 - Site deguignet.eu TRILINGUE
Le site de Bernez Rouz consacré aux éditions et à la mémoire de Jean-Marie Déguignet, a été lancé en décembre 2011. Surtitré de la mention « site officiel », sa vocation est d'être le site des éditions modernes des « Mémoires d'un paysan bas-breton », à savoir de l'association Arkae d'Ergué-Gabéric.
Son contenu est réparti sur 3 espaces linguistiques, à savoir français, breton et anglais.
On y trouvera par exemple dans la rubrique « Skridoù/Textes bretons » le sulfureux « poème sur l'enfer » en langue bretonne et traduit en français.
Texte intégral => Le site Deguignet.eu de Bernez Rouz, association éditrice Arkae
JAN. 2012 - Bretagne BUISSONNIÈRE
Il faut vraiment être anglais pour nous décrire aussi bien, à nous les régionalistes français, cette France buissonnière entre la Révolution et la première guerre mondiale. Graham Robb, éminent historien britannique, a sillonné la France à vélo pendant des années, et grâce à une immense érudition universitaire, il a concocté une histoire inédite et vraie de la « France profonde »
À la fin de cette somme, dans l'index géographique, la commune d'Ergué-Gabéric a l'honneur d'y figurer. Ceci par le truchement du paysan bas-breton Jean-Marie Déguignet dont la destinée est citée abondamment sur plusieurs pages, et sert d'exemple pour la compréhension de l'évolution rurale de la fin du 19e siècle (pages 118-120), pour sa description du métier de mendiant (page 136) et pour la place des femmes dans les campagnes (page 145).
Il nous fait aussi cette mise au point utile sur le sens historique des Mémoires de Jean-Marie Déguignet : « L'édition moderne de ses mémoires fait vibrer la corde d'une vague nostalgie rustique et suggère que le livre aurait aussi bien s'intituler « Le Déclin de la France rurale ». L'auteur est ici présenté comme un témoin du « début de la désagrégation de la société bretonne traditionnelle ». Or ses mémoires racontent exactement le contraire. La société qui l'a vu naître a toujours été au bord de l'effondrement ... ».
Texte intégral => ROBB Graham - Une histoire buissonnière de la France
DEC. 2011 - Plein de BRETONNISMES
Sur Wikipedia, la qualité des écrits de Jean-Marie Déguignet est évoquée ainsi : « Son français est parfois hasardeux, plein de bretonnismes, mais il écrivait avec passion ».
Est-ce vrai ? Wikipedia définit comme suit ce néologisme introduit par l'ouvrage d'Hervé Lossec : « Un bretonnisme désigne une tournure propre à la langue bretonne passé dans la langue française. Il peut s'agir alors d'une forme grammaticale traduite mot à mot et qui peut choquer certains francophones ou d'un mot breton passé dans le français local ».
Le repérage de ces termes d'antan et expressions fleuries dans les écrits de Déguignet est loin d'être achevé. Toute aide est la bienvenue, signalez nous les mots trouvés (avec n° de page), les corrections et explications complémentaires ...
Texte intégral => Recueil des bretonnismes de Jean-Marie Déguignet
DEC. 2011 - To you, MY WRITINGS
L’édition anglaise des mémoires de Jean-Marie Déguignet vient de faire peau neuve. L’éditeur et la traductrice Linda Asher ont placé sur la couverture le fameux poème « Petit panégyrique à mes écrits » (page 688 de l'intégrale en français) :
Petit panégyrique à mes écrits
C'est à vous, mes écrits, qu'aujourd'hui je m'adresse,
Vous les consolateurs de ma triste vieillesse.
Vous êtes mes enfants, enfants infortunés,
Comme moi en ce monde, vous êtes ignorés.Author's apostrophe to the reader
To you, my writings, do I address these words today,
You consolers of my sad old age.
You are my children, luckless children,
Like me in this world, you are ignored.
[...]Texte intégral => DÉGUIGNET Jean-Marie, Memoirs of a Breton Peasant
NOV. 2011 - GWERZ de la ville d'Ys
Qui ne connait la légende de Ker Ys ("ville d'Ys"), l'Atlantide bretonne ? L'histoire dit qu'elle fut engloutie pour punir Dahut, la fille du roi Gradlon, de ses péchés. Jean-Marie Déguignet nous raconte dans ses mémoires qu'on lui acheta une version imprimée de la complainte de Ker Ys, sans doute sous forme de feuille volante, alors qu'il était jeune vacher dans une ferme de Kerfeunteun dans les années 1851-1854.
Cette gwerz de 196 vers fut composée par un jeune Morlaisien de 19 ans et éditée en 1850 en recueil de poésie et en feuilles volantes. Le ton de la complainte ont trompé à l'époque plus d'un qui ont cru à une version très ancienne de la légende.
On s'attachera ci-dessous à comparer la présentation de la gwerz faite par Déhuignet avec le texte d'origine, et évoquer également les figures qu'étaient les marchandes de chansons dans les foires et pardons.
Texte intégral => La gwerz de la ville d'Ys chantée par Déguignet
SEPT 2011 - Campagne ALGÉRIENNE
Qu'aurait pensé Jean-Marie Déguignet de la révolution arabe de 2011 ? La situation était bien différente au 19e siècle, l'armée coloniale était déployée pour des opérations de "pacification", et pourtant le soldat observateur exprimait de l'empathie et de la bienveillance pour les algériens.
Les autres raisons pour publier cet article :
- Des sites internet consacrés à Collo, Constantine et la Kabylie en Algérie citent de larges extraits de ses mémoires pour illustrer l'histoire de ces lieux, ce qui démontrerait que les écrits d'un homme de troupe atypique dans l'armée coloniale ne sont pas inintéressants.
- Dans la publication de l'intégrale en 2007 le titre de sa campagne est libellé « guerre de Kabylie » alors que son temps fut occupé par des opérations de pacification en dehors de la Kabylie, notamment à Collo-Constantine et à la frontière tunisienne ; seule la dernière étape algérienne est consacrée au conflit kabyle.
- Cette évocation, tronquée car plusieurs pages du manuscrit sont manquantes, devrait être complétée par un autre texte dit « Résumé de ma vie » où il est question de la visite d'un certain Badinguet, alias Napoléon III, venu inspecter ses troupes à la fin du conflit.
Texte intégral => Jean-Marie Déguignet et sa campagne d'Algérie (1862-1865)
MAI 2011 - Analyse bretonne HOLLANDAISE
La démarche de ce mémoire écrit en français, très bien documenté et publié dans le cadre de l'université hollandaise de Groningen est la suivante :
« Nous essaierons de répondre à la question principale - "doit-on se sentir breton ou plutôt français ou les deux à la fois ?" - en étudiant quatre livres portant sur la Bretagne : trois ouvrages d'auteurs français et un ouvrage écrit par un Breton. Afin de reconstituer une vision plus large de la France sur la Bretagne, nous avons choisi trois ouvrages divers : un roman d'aventures, Les Chouans de Honoré de Balzac, un journal intime, Mémoires d'un touriste de Stendhal et un récit de voyage, Par les champs et par les grèves de Gustave Flaubert et de Maxime Du Camp. Pour l'ouvrage breton, nous avons choisi les Mémoires d'un paysan Bas-breton, l'autobiographie de Jean-Marie Déguignet. Nous nous intéressons particulièrement à ce livre car l'auteur n'est pas un écrivain au sens propre du mot. Il écrit ses mémoires sans avoir l'intention de les faire publier et ne se soucie donc guère de l'opinion des autres Bretons, il nous confie alors une opinion très sincère. »
Texte intégral => VAN VOORST A.C. - L'identité culturelle bretonne au 19e siècle
JAN. 2011 - Paysan et BOUDDHISTE ?
Déguignet, le paysan bas-breton, était-il bouddhiste ? Nous allons tenter de répondre à cette question, et également de comprendre son analyse des origines des religions hindouiste et bouddhiste grâce à l'étude d'extraits de trois de ses textes.
Dans ces écrits, Déguignet cherche à montrer les écarts de la religion chrétienne en prenant des points de référence dans les autres religions, notamment celles de la civilisation indienne. On peut se demander quand il amène des éléments de comparaison s'il ne préfèrerait pas ces religions anciennes, surtout la morale bouddhiste née en Inde dès le 5e siècle avant J.-C. Par contre il se trompe manifestement quand il date des textes sacrés pré-védiques du 5e millénaire avant notre ère.
Cette recherche nous donne aussi l'occasion de compléter les notes et références que Norbert Bernard a rassemblées et incluses dans les éditions des textes étudiés.
Texte intégral => Déguignet, le paysan bas-breton, était-il bouddhiste ?
OCT. 2010 - Le soleil d'AUSTERLITZ
En 1905 les cahiers des Mémoires du Paysan bas-breton se terminent par ce post-scriptum : « Cent ans juste après que le soleil d'Austerlitz vint obscurcir le monde ». Que pensait Déguignet de cette bataille d'Austerlitz et plus généralement de ce Napoléon qu'il surnommait « le vieux » ?
Tout écolier français n'est pas sans savoir que Napoléon 1er remporta la bataille d'Austerlitz sur les armées Austro-Russes le 2 décembre 1805. Mais pourquoi ce soleil : après des heures de combat, à l'aube il y avait encore du brouillard sur le plateau de Pratzen-Austerlitz ; mais juste avant l'assaut définitif, le soleil parut et inonda de clarté ce vaste champ de bataille et cela revigora les soldats français pour la charge finale à l’arme blanche dans les rangs russes.
Dans ses Mémoires Jean-Marie Déguignet fait le bilan des actions de celui qu'il appelle « le vieux, l'homme au petit chapeau, le grand bandit » : son omniprésence dans les esprits, les nombreuses légendes surnaturelles dont les âmes celtiques raffolent, sa destruction des peuples et sa cruauté, sa conquête de la France par une manipulation et une tromperie ...
Texte intégral => Jean-Marie Déguignet et le soleil d'Austerlitz
JUIL. 2010 - La réhabilitation du JUIF DREYFUS
Lorsque Déguignet décède en 1905, il faudra bien attendre un an encore avant qu'Alfred Dreyfus soit pleinement innocenté. Certes il avait été gracié en 1899 par le président Loubet, mais d'un point de vue légal il restait "coupable" et "traitre" de surcroit. Jean-Marie Déguignet n'est pas moins convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus et l'écrit dans ses mémoires où il dénonce à la fois le rôle néfaste des journaux nationalistes et dreyfusards, et les malversations commises par les cadres de l'armée française dans laquelle il avait lui-même été enrôlé.
Il commence sa plaidoirie par « Certains journaux jésuitico-catholiques avaient déclaré une guerre à mort à tous les juifs et judaïsants », et plus loin : « Il n'y avait plus en France alors que des dreyfusards et antidreyfusards, ou sémites et antisémites ». Et il se range explicitement parmi les dreyfusards et sémites. Il fait même le reproche aux « cléricofards » d'oublier leurs origines en criant « À bas les juifs ! ».
Texte intégral => Les positions de Jean-Marie Déguignet sur l'affaire Dreyfus
MAI 2010 - Jean-Marie Déguignet ET LE SEXE ...
Trois extraits des Mémoires de Jean-Marie Déguignet éditées par la Revue de Paris en 1905 et par l'association Arkae en 2001, textes qui mettent en lumière sa conception des choses du sexe, en pleine opposition avec les pratiques et appréciation de l'Eglise Catholique.
Déguignet ne craint pas les tabous en général, et sur ce thème du sexe en particulier il aborde sans complexe les sujets de l'onanisme, les jeux sexuels, les plaisirs de l'amour, la pédophilie des prêtres, la prostitution. On peut lire dans ces extraits les perles suivantes :
- « Elles lui retiraient ses grandes culottes en le couchant par terre, puis elles allaient à tour de rôle pratiquer sur lui ce que Onan pratiquait lui-même à côté de sa belle-soeur Thamar. »
- « Jamais ce bonheur sublime ne fut mieux goûté ni mieux partagé qu'il ne fut par nous deux, en vrais enfants de la nature, dans toutes nos forces et la maturité, dans la confusion et la fusion de nos deux êtres qui ne faisaient plus qu'une et même chair comme dit l'Écriture. »
- « Ainsi nos misérables calotins [...] ne se marient pas pour mieux user et en abuser de ce bonheur sans en assumer aucune des conséquences qui en résultent [...] la prison aussi lorsqu'ils sont trop publiquement surpris à violer des enfants. »
- « Il fallait entendre les belles conversations et les jolis chants qui sortaient à travers le grillage de ce pandémonium [7] féminin, chants et conversations qu'on n'entendait que dans les plus basses tavernes ou dans les maisons à gros numéros rouges »
En savoir plus => Jean-Marie Déguignet et le sexe
MAR 2010 - LA MORT SUBITE des pommes de terre
En juillet 1845, en Irlande et en Bretagne, un champignon parasite, le mildiou, réussit à anéantir d'un seul coup les cultures locales de pommes de terre, nourriture de base des paysans. L'extrait page 71 des Mémoires de Jean-Marie Déguignet : « Histoire de ma vie, version intégrale » met en lumière cette épidémie qui fit ravage dans son village d'enfance, ar Geleneg en Ergué-Gabéric :
« On sait quel désastre, quelle effroyable disette causa cette mort subite des pommes de terre chez les Irlandais autant que chez nous, pauvres Bas-Bretons, qui ne vivions que d'elles et de pain noir. »
Au-delà des explications données par le texte de Déguignet, on a tenté une analyse historique locale complémentaire, que ce soit à travers les chiffres de l'évolution démographique, ou selon d'autres témoignages comme notamment ceux du préfet et du conseil municipal rendant compte des conditions économiques et sociales des années qui s'en suivirent. En mai 1847, soit 2 ans après, les pauvres souffrent encore de la crise :
« Considérant qu'il serait important que les travaux commençassent le plus tôt possible afin de pouvoir procurer immédiatement des moyens d'existence aux journaliers [indigents] de la commune qui souffrent encore de la pénurie de travaux et de la cherté du blé. »
En savoir plus => La mort subite des pommes de terre rouges en juillet 1845
MAR 2010 - LE PARDON DE KERDÉVOT entre 1840 à 1868
A priori, entre les années de jeunesse gabéricoise de Jean-Marie Déguignet et son retour au pays après une période militaire, rien n'a changé du côté du pardon de Kerdévot : les mêmes mendiants, les mêmes longues tentes blanches, les mêmes prosternations religieuses ...
Pour preuve, un extrait de la version des Mémoires d'un paysan bas-breton présentées par Anatole Le Braz (Revue de Paris en 1904-1905), et deux extraits des Mémoires de Jean-Marie Déguignet : Histoire de ma vie, version intégrale (publiée en 2001 par l'association Arkae).
En savoir plus => Le pardon de Kerdévot en 1840-68
JAN 2010 - LES ÉNIGMES de www.deguignet.org
Après 4 ans d'arrêt, l'adresse Internet www.deguignet.org de Norbert Bernard reprend du service en janvier 2010 et pointe désormais sur l'espace Déguignet du site GrandTerrier. Et pour cette occasion la rubrique des énigmes à élucider est réouverte.
La formulation de 39 énigmes non encore éclaircies dans les écrits de Jean-Marie Déguignet avait été démarrée par Norbert Bernard en 2002, dans l'attente de propositions de réponses ... qui devaient servir à compléter les annotations d'une édition de l'Intégrale des Mémoires du paysan bas-breton.
Nous complétons et soumettons donc ici ces séries de questions à la perspicacité de nos lecteurs et aux visiteurs de ce site. Devant la difficulté des recherches des bios des personnes mentionnées, des citations d'auteurs, des évènements historiques, des expressions ... on ne peut que constater une fois de plus la profondeur de l'érudition du paysan bas-breton. Et certaines des trouvailles ont déjà permis de corriger les transcriptions de certains passages des manuscrits, soit par exemple la question 18 où derrière Benjamin Jonos se cache le juif voyageur Benjamin Jonas de Tudèle.
À ce jour 20 propositions de réponses ont été rédigées pour un total de 40 énigmes formulées. Une prime spéciale sera décernée à celui qui apportera des éléments de réponses pour l'énigme n° 19.
En savoir plus => « F. Enigmes à élucider »
DÉC 2009 - L'AMOUR ET LA MORT de L-V. Ackermann
Dans ses mémoires de paysan bas-breton Jean-Marie Déguignet raconte son mariage en 1868 et, à cet âge déjà avancé de 34 ans, il entame un hymne à l'amour qu'il ponctue d'un poème « Tous les êtres forment une chaîne éternelle ... ». Depuis la publication, de nombreuses pages sur Internet citent ce verset et en attribue par erreur la paternité à Déguignet.
En fait c'est une contemporaine, Louise-Victorine Ackermann (1813-1890) qui en l'auteur. Et ce n'est pas étonnant que Jean-Marie Déguignet ait repris une de ses œuvres poétiques car, outre le goût pour l'écriture, ils avaient de nombreux points communs :
- l'amour de la nature, l'attachement à la campagne, et l'expérience des travaux agricoles, l'un en Bretagne, l'autre en Picardie.
- la méfiance viscérale vis-à-vis des institutions et des traditions religieuses catholiques.
- le gout pour l'étude, l'enseignement et les voyages.
- la solitude et la réserve sur les bienfaits du mariage.
- le pessimisme, l'allégorie de la mort, le souci humanitaire.
En savoir plus => Le poème "L'Amour et la Mort" de Louise-Victorine Ackermann
NOV 2009 - LE PETIT-NEVEU SE RAPPELLE par P. Deguignet
Pierre Deguignet, cadre commercial retraité, est né à Mantes-la-Jolie (Yvelines) où il passa son enfance et son adolescence. Depuis 1959 il réside à Garches (Hauts-de-Seine). Dans un livre paru en 2005, il évoque ses souvenirs, au rythme des airs populaires qui lui rappellent "ces années-là", de l'exode de 1940 aux grèves de 1995, de Marinella à la Lambada, de la Bretagne à la région parisienne, et notamment son arrière grand oncle, l'écrivain :
« Au cours du petit speech précédant le dîner de clôture je fis allusion à notre arrière grand-oncle connu dans la famille comme l'écrivain dont la vie aventureuse était résumée souvent par notre père par la formule "Né dans la pauvreté, mort dans la misère". Ses contes et des extraits de ses mémoires avaient paru en 1962 dans le Télégramme de Brest. A cette époque il s'appelait François-Marie Déguignet. Quand il réapparut sur le devant de la scène, beaucoup plus tard, son prénom était devenu Jean-Marie. En plus son patronyme avait la particularité d'un accent sur le premier e, modification mineure au regard de toutes les déformations infligées à ce nom au fil des inscriptions à l'état civil : Duginec, Duguignec, Le Deguignet, Diguignet, Le Diginant. [...] »
En savoir plus => DÉGUIGNET Pierre - Des airs qui nous rappellent
OCT 2009 - DÉGUIGNET ET HOUELLEBECQ par G. Blanchard
Sur le blog très branché de Gilles Blanchard traitant des citations littéraires, voici une sélection de six extraits choisis de Jean-Marie Déguignet, mêlées aux citations d'un autre auteur inclassable, avec une mise en garde qui voudrait dire son contraire :
« Il n'y a sans doute pas grand rapport entre Jean-Marie DEGUIGNET et Michel HOUELLEBECQ, ici confrontés. A vous d'en juger. »
En savoir plus => Déguignet au catalogue des citations littéraires d'un blog
AOÛT 2009 - L'IDENTITÉ DES JEUNES BRETONS par E. Delon
Dans un livre d'enquête socio-anthropologique publié en 2007, Erwan Delon s'est servi abondamment du cas Déguignet pour introduire son analyse de la transformation de la société bretonne et de l'apparition d'une démarche identitaire chez les jeunes bretons :
« Le livre de Jean-Marie Déguignet aide à comprendre les traits de la Bretagne populaire du 19e siècle, et ainsi à mieux saisir l'évolution ayant eu lieu depuis [...] Son ouvrage "mémoire d'un paysan Bas-breton, 1834-1905" décrit la société rurale de l'époque avec une certaine avance sur son temps. »
En savoir plus => DELON Erwan - Jeunes Bretons ou "l'identité enchanteresse" ?
JUIL 2009 - Le PACTE AUTOBIOGRAPHIQUE par Y. Ansel / Ph. Lejeune
Dans un exposé publié sur le site Internet de l'Université de Nantes Yves Ansel expose le « pacte » autobiographique de Jean-Marie Déguignet, à savoir l'écriture de ses mémoires pour faire connaître « la destinée des gens de sa classe, que seront mises en lumière les peines, les misères de ceux dont on ne parle jamais, et qui sont dans l’impossibilité d’écrire leur vie ».
C'est l'universitaire Philippe Lejeune qui a développé ce thème du pacte : « C'est l'engagement que prend un auteur de raconter directement sa vie (ou une partie, ou un aspect de sa vie) dans un esprit de vérité. Le pacte autobiographique s'oppose au pacte de fiction. Quelqu'un qui vous propose un roman (même s'il est inspiré de sa vie) ne vous demande pas de croire pour de bon à ce qu'il raconte : mais simplement de jouer à y croire. »
En savoir plus => ANSEL Yves - L'autobiographie de Rousseau à Annie Ernaux et J.M. Déguignet
et Site Internet de Philippe Lejeune (illustrations Alice Lejeune)
MAI 2009 - JMD ET LA LANGUE BRETONNE par Fañch Broudic
Francis Favereau avait déjà décortiqué les écrits en breton de Jean-Marie Déguignet. Au printemps 2009, Fañch Broudic, toujours à travers les écrits du paysan bas-breton, analyse quelle était la pratique de la langue bretonne en son pays au 19e siècle.
Où l'on se rend compte que le breton était vraiment d'usage général, toutes les classes sociales le parlaient (même les animaux !). Et si Déguignet était certes critique sur les mauvais usages folkloristes ou empreints de superstitions de sa langue maternelle, il tempêtait qu'elle allait disparaître rapidement si l'on se faisait rien, c'est à dire si on ne l'utilisait pas pour la philosophie ou les sciences à l'instar du français.
En savoir plus => BROUDIC Fañch - Jean-Marie Deguignet et la langue bretonne
AVR. 2009 - LES CARNETS GABÉRICOIS d'Anatole Le Braz
Anatole Le Braz, auteur de la "Légende de la mort", fut un collecteur de comtes, légendes et traditions qui s'est intéressé au patrimoine d'Ergué-Gabéric. Peut-être parce qu'il était en relation avec Jean-Marie Déguignet. De 1897 à 1905, il a consigné dans ses carnets ses compte-rendus de ses visites gabéricoises et des entretiens avec Jean-Marie, le "pauvre vieux" comme il l'appelle.
On a rassemblé sur Grand-Terrier les pages concernant ces échanges. On y apprend notamment comment Le Braz a conservé les 24 manuscrits des mémoires de Déguignet malgré les réclamations de Jean-Marie fils à la mort de son père.
En savoir plus => Carnets d'Anatole Le Braz & Ergué-Gabéric
AVR. 2009 - DES BRETONS AU MEXIQUE de Bernard Le Nail
Parmi les nombreux bretons s'étant illustrés au Mexique depuis 1521, le dernier étant J.M.G. Le Clézio, l'auteur Bernard Le Nail a laissé une bonne place pour Jean-Marie Déguignet dans son ouvrage paru récemment dans la collection "Bretons à travers le monde" aux éditions "Les Portes du Large".
Le chapitre qui relate ses aventures et son témoignage s'intitule « L'expédition du Mexique vue par un simple homme de troupe partisan de Juarez » en 1865-67 (pages 128-132 ).
En savoir plus => LE NAIL Bernard - Des bretons au Mexique
FÉV. 2009 - LE TEXTE DE LA REVUE DE PARIS sur Wikisource
Début 2009, Wikisource, la bibliothèque libre, dont les bénévoles publient des éditions numériques d'oeuvres du domaine public ayant déjà été éditées au format papier, a inscrit dans son fonds d'archives la version des Mémoires d’un paysan bas-breton dans La Revue de Paris (T.6, 1904 - T.1, T.2, 1905) présentées par Anatole Le Braz. Remarque : Les autres versions posthumes du texte, condensées ou intégrales ne sont pas dans le domaine public.
La transcription de l'édition papier (disponible notamment à la Bibliothèque Nationale de France) en texte a été réalisée en grande partie par la contribution et le travail remarquable d'Ewan ar Born.
En savoir plus => Mémoires d’un paysan bas-breton, version texte "domaine public"
DÉC. 2008 - LA LAÏCITE DÉFENDUE EN 1902 par J.M. Déguignet
Les témoignages sur les fermetures d'écoles religieuses en France, et en Bretagne en particulier, proviennent généralement des partisans de la cause religieuse. Nous avons ici un exemple contraire, celui du paysan bas-breton Jean-Marie Déguignet qui relate cette période dans ses mémoires, moins de 3 ans avant son décès. Il défend dans ce texte une position anti-cléricale, laïque et républicaine :
« L'exécution des décrets vient de commencer dans notre département après trois semaines de fiévreuses attentes. Elle a commencé par Quimper, Kerfeunteun et Ergué-Gabéric. Tout s'est passé sans accident, quoiqu'on avait mobilisé tous les gendarmes, policiers et quelques compagnies d'infanterie. On ne voyait guère que des femmes et des enfants devant les établissements des soeurs criant "Vive la liberté !", "Vive les soeurs !". »
En savoir plus => 1902 - Témoignage de JM Déguignet sur la fermeture de l'école ND de Kerdévot
SEPT. 2008 - SUR GOOGLE VERSION ANGLAISE de Linda ASHER
La version anglaise est disponible sur Internet, sur le site Google Books, en version de prévisualisation. Ce qui veut dire que certaines pages sont manquantes, dans le but légitime de protection des droits d'auteur.
En guise d'introduction : « Memoirs of A Breton Peasant combines the discovery of a fascinating document of nineteenth-century history with an extraordinary life story. As lively as an adventure novel, the account bristles with the curiosity of an alert, opinionated autodidact from the very lowest level of peasant society, as Jean-Marie Deguignet moves through the world of his time. [...] Born in 1834 near Quimper, in Brittany, to landless farmers, the young Deguignet was sent out several times a week to beg for the family's food. After some adolescent years as a cowherd and a domestic speaking only Breton, he left the province as a soldier, avid for knowledge of the vast world. »
En savoir plus => Bibliographie + extrait des 29 premières pages
JUIL. 2008 - L'ARTICLE "SOS-MANUSCRITS" de Laurent QUEVILLY
En reconstituant l'oeuvre de Laurent Quevilly dans les colonnes du journal Ouest-France, nous avons retrouvé l'article de 1984 qui a permis de remettre la main sur les manuscrits de Jean-Marie. L'article s'intitulait « Déguignet sort de l'ombre ! » et contenait un sous-titre « SOS Manuscrits ». En effet c'est lors de la préparation d'un livret de contes et légendes du Grand-Ergué que Laurent, alias Laorz, a lancé son appel. Et 10 jours après, il écrivait : L'oeuvre de Déguignet retrouvée. La frustation s'achève pour la commission extra-municipale de recherches historiques. L'oeuvre intégrale de François-Marie Déguignet n'est pas dispersée comme on pouvait le craindre. Car nous l'avons retrouvée ...
En savoir plus => Mémoires
AVRIL 2008 - DÉGUIGNET ET LE POLAR BRETON par Hervé JAOUEN
De 1999 à 2003, pour Le Télégramme, Hervé Jaouen a croqué ses contemporains et les travers de notre société dans des chroniques intitulées « Croquis du lundi ». Il l'a fait avec humour et tendresse, sans se priver, au besoin, d'une cordiale causticité. La plupart de ces billets ont été rassemblés en 2004 dans un livre aux Editions Ouest-France. Nous avons retrouvé un des billets de 2000 qui évoquait Jean-Marie Déguignet : Oui, Deguignet tend enfin à la Bretagne ce miroir dans lequel elle n'osait pas se regarder. Sauf que ce miroir est celui du passé. Mais c'est déjà un grand pas vers la guérison d'une espèce de presbytie collective qui fait que nous nous voyons plus beaux de loin que de près.
En savoir plus => Bibliographie
DÉC. 2007 - LA PEINE DE MORT en Bretagne d'Annick LE DOUGET
Annick Le Douget, greffière au tribunal de Quimper, signe un livre très documenté sur les affaires criminelles traitées par les cours d'assises bretonnes sur les 2 derniers siècles. Page 103 Jean-Marie Déguignet est cité comme pourfendeur de la peine de mort : Pour l'anarchiste, la guillotine n'est qu'un instrument d'ordre social à disposition des « tyrans, exploiteurs unis avec leurs dieux et leurs lois », pour opprimer les gueux. Mais, rappelle Déguignet, « ils oublient, ces bons croyants, que punir n'est pas rendre justice. Tuer un homme parce qu'il a tué, cela fait deux morts au lieu d'un, mais le dernier ne rendra pas la vie au premier. Cependant en style judiciaire et religieux tout cela s'appelle la justice. Quand le bourreau a coupé la tête d'un criminel, on dit que justice est faite, et, quand un tonsuré quelconque annonce à son fidèle que l'âme d'intel [sic] juif, d'intel athée ou d'intel libre-penseur grille dans les flammes de l'enfer, il dit aussi que cela est de la justice, de la justice divine, immuable celle-là et éternelle comme s'il y avait quelque chose d'éternel en ce monde, sinon la matière ».
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SEPT. 2007 - DÉGUIGNET chez les RUSSES
Sur le site Internet russe d'ImWerden qui est une bibliothèque virtuelle numérique non-commerciale, on peut découvrir la version en langue russe de la guerre de Crimée relatée par Jean-Marie Déguignet : « Extraits de mémoires couvrant les années 1853-56 pendant la guerre de Crimée. Envoi des troupes françaises à Malakhov. Auteur des mémoires participant à ces évènements. Traduit du français par Gennady Bednarchika. Nombre de pages: 7. ». À noter également qu'il est précisé que le fichier téléchargé doit être "détruit du disque dur après consultation du travail dans le cas où l'auteur et ses héritiers n'auraient pas autorisé l'archivage électronique". En fait il s'agit d'un abrégé de la version publiée par Anatole Le Braz dans la Revue de Paris, version publique et téléchargeable sur le site de la BNF.
En savoir plus => Téléchargement
AOÛT 2007 - Cercle Déguignet du Finistére pour la LIBRE-PENSÉE
Il y avait une salle municipale Déguignet à Ergué-Gabéric, mais pas encore de rue, mais voici depuis le 8 août :
- le Cercle Jean-Marie Déguignet pour les libres-penseurs du Finistère, association domiciliée à Quimper et animée au niveau national par Marc Blondel.
Le site de la LP => http://portaildesfederations.ouvaton.org/spip.php?article84
AVRIL 2007 - ETHNOPSYCHIATRIE en Bretagne de Philippe CARRER
Un livre référence chez Coop Vreizh. La psychologie de Jean-Marie Déguignet, le paysan bas-breton, y est décortiquée sur 85 pages, où il apparaît comme le paranoïaque symbole d'une socioculture de Basse-Bretagne au 19e et 20e siècle.
Une contre-critique de l'ouvrage sur le site http://deguignet.hautetfort.com/ : « Essentiellement une paraphrase de "Histoire de ma vie". Philippe Carrer fait une remarque intéressante sur l'identification inconsciente de notre auteur à Jésus-Christ. Pour le reste, comme on peut s'attendre d'un nationaliste breton [...], il déteste Déguignet, fait tout pour minorer son talent littéraire mais exagérer sa folie. »
En savoir plus => Bibliographie
AOÛT 2006 - Aux racines de la CATHOPHOBIE selon P. de Plunkett
Sur son blog, le journaliste royaliste a écrit un billet cinglant sur le « cas Déguignet », son antisémitisme, sa complaisance pro-aryenne, son mépris de la culture bretonne ... Déguignet est accusé de participer à une vulgate antichrétienne.
Un extrait : « Et l'on voit revenir ensuite, sous la plume du républicain laïque Déguignet, cette idée que l'esprit "sémitique" a corrompu la civilisation "aryenne" à travers le christianisme, qui fait ainsi le malheur de toute la terre. »
L'adresse du blog => http://plunkett.hautetfort.com/archive/2006/08/01/les-racines-de-la-cathophobie.html Fiche bibliographique => PLUNKETT Patrice (de) - Aux racines de la cathophobie : le cas Déguignet
AVRIL 2005 - FILS DE PLOUCS de Jean ROHOU
« Il est fort intéressant de confronter les affirmations d'Ernest Renan et d'Anatole Le Braz à celles de Jean-Marie déguignet, qui était quasiment leur contemporain [...] Déguignet est resté parmi le peuple, auquel il se confronte hargneusement. Pour lui, les Bretons font partie des "vieilles races moralement et plysiquement dégénérées" : "je ne crois pas que jamais en aucun temps ni en aucun pays les prolétaires paysans [...] aient été aussi ignorants, aussi abrutis et aussi lâches que ceux que je vois aujourd'hui" dans ce Finistère Sud. »
« Déguignet est un extrémiste, un révolté. Mais la raison de cette radicale contradiction est plus socioculturelle que personnelle. On ne peut avoir la même vision d'une chose quand on la regarde de deux endroits opposés. Renan et Le Braz voient les Bretons de loin, tels qu'ils les souhaitent, à travers leurs querelles avec les anti-Bretons et le rêve compensatoire de leur mauvaise conscience d'heureux déserteurs. Déguignet s'affronte aux Bretons réels, à un monde qu'il a voulu fuir lui aussi, dans lequel il enrage d'être retombé, contre lequel il se bat et dont il est lourdement victime. »






















