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Sommaire


Modifications au jour le jour : [Journal des MàJs]
Anciennes pages de bienvenue : [Affiches]
Anciens billets : [Actualité, archives]

Grande quête pour Kerdévot

Certains l'avait surnommé le sauveur de Kerdévot, mais en réalité ce n'était que le prête-nom d'une commune entière attachée à sa chapelle :

Le 8 floréal de l'an 3, c'est-à-dire le 27 avril 1795, la chapelle de Kerdévot, confisquée et inscrite aux Biens Nationaux, est vendue aux enchères pour 6.000 livres à Jérome Crédou, agriculteur à Créac'h-Ergué, lequel la restituera à la commune en 1804. Mais ceci est-il le vrai scénario ? D'où provenait l'argent de cette acquisition ?

Une attestation sur l'honneur de Jean Le Jour, agriculteur et ancien maire, sous la forme d'un acte authentique contresigné par deux notaires-avoués en 1809, nous éclaire sur les circonstances exactes de cette affaire : en fait tous les habitants d'Ergué-Gabéric avaient été invités à offrir leur dons lors d'une quête communale et paroissiale. Ce document inédit nous permet précisément de :

  • comprendre le rôle de Jérome Crédou qui, dans les autres documents, semblait présenter son geste comme une initiative personnelle et isolée.
  • donner le détail de la quête collective qui a été levée auprès de tous les habitants des 10 trèves/parcelles gabéricoises.
  • décrire le rôle déterminant du quêteur nommé dans chaque parcelle, dont notamment Pierre Lizien de Mélennec.
  • préciser la somme de 40 francs (sur un prix acquitté de 6000) que le déclarant Jean Le Jour a lui-même personnellement apporté au montant des dons.
  • confirmer la fonction de prête-nom de Jérome Crédou, dans un contexte où il était interdit à l'autorité communale de se porter acquéreur d'un bien national comme la chapelle de Kerdévot.

Image:right.gif En savoir plus : « 1809 - Attestation de quête pour l'acquisition de la chapelle de Kerdévot » en rubrique [ Fonds d'archives ]
   « Jean Le Jour, maire (1800-1806) » et « Jérôme Crédou, maire (1812-1820) » en rubrique [ Personnalités ]

Billet du 02.09.2010

Classe de conscrits

Elles ne sont pas superbes les casquettes de la classe 56, avec leurs fines rayures écossaises, et portées à la mode glazik ?

La classe, au début et au deuxième tiers du siècle dernier, était une sorte de coterie ou de clan qui se réunissait à périodes fixes, souvent tous les cinq ans, quelquefois plus souvent, et qui prenait comme dénomination l'année de leur vingt ans, âge de convocation au conseil de révision.

Une classe regroupait au départ des dizaines de jeunes gens d'une même commune, et Ergué-Gabéric n'a pas échappé à cette pratique. D'où l'expression souvent entendue et bien comprise localement : « Celui-là il est de la classe ... ».

On a regroupé ici les photos et coupures de presse d'une classe très soudée, la classe 56, qui s'est souvent réunie et chaque fois dans la bonne humeur.

Cela démarre avec leur premier bal à 19 ans chez Quéré à Lestonan, jusqu'à l'agneau grillé de 1986 à leur banquet des 50 ans, précédé cinq ans auparavant d'un couscous à l'Orée du Bois où « les bonnes et savoureuses histoires en français et surtout en breton de René Le Reste et Lannig Meur [*] en remuèrent plus d'un ».

Image:right.gif En savoir plus : « 1955-1986 - Les gars de la classe 1956 d'Ergué-Gabéric » en rubrique [ Reportages ]

Billet du 27.08.2010

[*] : Lannig Meur, ancien directeur d'école et président de bagad au Moulin-Vert en Quimper, était un conteur qui aimait bien animer les soirées associatives où il mêlait breton et français pour le plaisir de tous. Retiré à Leuhan, il est décédé début janvier 2010 dans sa 86e année.

Musée de la papeterie

« Conserver la mémoire de l'entreprise et des hommes qui y ont travaillé », telle était l'ambition de ce projet de musée :

Pendant deux mois en 1992, la mission de Brigitte Barvec de l'association Buhez a consisté à rencontrer les anciens et les référents gabéricois qui ont connu la papeterie d'Odet en activité pour dresser les lignes directrices d'un futur musée sur les lieux de l'ancienne papeterie Bolloré.

Les résultat est un mémoire de 39 pages où les sources bibliographiques et les archives connues sont inventoriées, mais surtout où un exposé des conditions préalables de réalisation est proposé :

  • un délai de 3 ans avant mise en forme avec une phase de collecte et de recherche, guidée par un ethnographe pour les "histoires de vie" des anciens ouvriers et ouvrières, et d'un historien pour les aspects archivistiques.
  • l'implication de la famille Bolloré dans le projet, tant pour les bâtiments et espaces utilisés par la future structure d'accueil que pour l'accès aux archives privées.
  • la construction d'un centre d'interprétation : « on ne cherche pas à tout y montrer, on y retient les plus parlants au sein d'un exemple (en l'occurence la société des papetiers d'Odet) tout en reliant cet exemple à un contexte historique et culturel ».

Un complément d'étude sur les aspects financiers du projet de musée a été effectué en parallèle par la SAFI (Société d'aménagement du Conseil Général du Finistère), mais il revient à l'association Buhez regroupant les conservateurs des musées d'histoire et écomusées de Bretagne d'avoir su relever et documenter sur place les particularités du projet de musée de la papeterie à Odet tel qu'il pouvait être programmé en 1992.

Image:right.gif En savoir plus : « BARVEC Brigitte - Etude de faisabilité pour un musée de la papeterie » en rubrique [ Bibliographie ]

Billet du 21.08.2010

Chiens écrasés de 1914-19

Les chroniques du Grand-Ergué en pleine « der des ders » par un journal on ne peut plus légitimiste et catholique :

Le Courrier du Finistère joue, de 1880 à 1944, le rôle d'organe officiel de la droite légitimiste et de porte-parole de l'autorité catholique du département, en atteignant un tirage remarquable de 30 000 exemplaires en 1926. Rédigé principalement en français, il fait une place importante à la langue bretonne et aux nouvelles locales.

Entre 1914 et 1919, on y trouve pas moins de 16 entre-filets concernant la commune d'Ergué-Gabéric et ses habitants :

  • La mort de froid d'un mendiant sur un tas de billettes de bois au bourg, découvert par le bedeau de la paroisse.
  • Une querelle de voisins agriculteurs à Poulduic et la Salle-Verte, où le plus jeune est bien amoché.
  • Un suicide à Kernevez par pendaison à un pommier au moyen d'une blouse enroulée autour du cou.
  • L'arrivée en grande fanfare du nouveau recteur Louis Pennec accueilli au manoir du Cleuyou par les paroissiens représentés par plus d'une trentaine de chars-à-bancs et une quantité de bicyclettes.
  • Le vol d'un bœuf de race bretonne de robe pie sous la surveillance de deux enfants « paotred saout », âgés de 11 ans et de 2 ans.
  • Un incendie à Stang-Quéau enflammant notamment les toits de chaume de quatre bâtiments, heureusement assurés.
  • La virée épique de trois jeunes gens de Kernevez et Mélennec ayant ingurgité du cidre jusqu'à leur saoul.
  • Des concours de pouliches ou poulinières où se distinguent Cocotte, Mimi, Espérance, Gentille, Fanny, Rosalie, Méline, Odette ... représentantes des meilleures exploitations agricoles de la commune.
  • Les vols d'économies et d'un paquet de tapioca par une femme au statut de réfugiée qui le revend au débitant du bourg.
  • Un accident mortel d'un conducteur d'attelage, le crane coincé entre les escaliers des bureaux de la papeterie d'Odet et la roue droite de son véhicule.

Image:right.gif En savoir plus : « Des faits-divers gabéricois, Le Courrier du Finistère 1914-1919 » en rubrique [ Reportages ]

Billet du 18.08.2010


Souvenirs de l'Hôtel

Une statue de Madone qui réapparaît du haut de ses 1 m 40 après avoir été cachée dans une cheminée à l'abri des occupants allemands :

Qui se souvient de ce patronage à l'Hôtel où s'entrainait la première clique de gymnastique des Paotred fondée en 1919 par l'abbé Louis Le Gall ? C'était une époque où le clergé local sponsorisait les activités sportives, et il n'était pas étonnant d'y trouver des statues de Vierge Marie et de saints.

Le patronage était orné d'un certain nombre de statues de bois et de plâtre. Lors de la seconde guerre mondiale en 1939-45 les occupants du patronage décidèrent de cacher les statues de la convoitise des troupes allemandes, ce dans le haut d'une cheminée intérieure.

Et ce n'est qu'après guerre que les nouveaux propriétaires ont redécouvert leur existence et entrepris de dégager les statues de plâtre, une statue de saint en bois polychrome et une grande statue de Vierge à l'enfant. La niche en hauteur sur le mur Est du patronage abritait également une petite statue en faïence émaillée.

Que sont devenus aujourd'hui toutes ces statues ?
Et d'où vient donc ce trou dans la statue en faïence ?

Image:right.gif En savoir plus : « L'ancien patronage des Paotred à l'Hotel » en rubrique [ Patrimoine ]

Billet du 13.08.2010

Concours de ponts de pierre

Quel est le plus joli pont de pierre gabéricois ? Dans le cadre du patrimoine "utilitaire et profane", le concours pour le titre 2010 est ouvert  :

Nous avons sélectionné trois d'entre eux qui méritaient le détour et quelques photos, à savoir dans l'ordre des vignettes ci-contre (de haut en bas) : le pont "romain" sur le Jet à Mélennec, le pont dit "Pont-Alhuen" à 3 arches sur la route de Landudal et enfin le pont sur l'Odet à proximité de la papeterie.

Le premier est un charmant petit pont situé au bout d'un chemin à la hauteur du village de Mélennec, qui avait pour vocation d'assurer un passage à pied ou en charrette sur le Jet entre les communes d'Ergué-Gabéric et d'Ergué-Armel, en amont de l'Eau-Blanche.

Le deuxième est un très beau pont à trois arches de plein cintre en contrebas de Kermorvan sur la route de Landudal et Langolen à partir de St-André. La troisième voûte a sans doute été ajoutée ultérieurement pour permettre l'écoulement en cas de fortes eaux. Notez la belle légende des barriques d'or et d'argent, la toponymie incertaine du lieu-dit et les baignades de "Toul-Visant".

Le dernier est un magnifique pont à deux arches en voûtes très hautes par rapport au niveau de la rivière d'Odet, à la hauteur de la papeterie et construit en 1859 pour permettre le passage de charrois entre les communes d'Ergué-Gabéric et de Briec. Vous pouvez y consulter le descriptif technique complet de l'ouvrage.

Image:right.gif En savoir plus : « Ponts de pierre sur le Jet ou l'Odet » en rubrique [ Patrimoine ]

Billet du 07.08.2010

Note : Pour les séries de photos des ponts sus-mentionnés, et pour l'ensemble des galeries d'images du site GrandTerrier, la technique d'affichage s'est modernisée. Les diaporama ou visionneuses d'images sont désormais en mode incrustation, avec un défilement facilité et une adaptation de la taille des images en fonction de l'écran et des formats (paysage, portrait).

Skol an diaoul e Leston

Le livre de l'été 2010 dans la catégorie des ouvrages ou articles couvrant l'histoire ou la mémoire de la commune d'Ergué-Gabéric :

Ne cherchez dans ce livre édité par l'association Arkae ni l'évocation de la vie quotidienne à l'école publique - appelée généralement "skol an diaoul" (école du diable) par ses détracteurs - dans le quartier de Lestonan, ni d'y reconnaître des têtes connues sur des photos de classe jaunies.

Il s'agit d'un ouvrage très riche en sources documentaires qui relatent la création des écoles publiques du quartier, celle des garçons et celle des filles (à l'époque il y avait véritablement deux écoles), et qui donnent un exemple local très intéressant de la guerre scolaire au début du 20e siècle entre les écoles laïques et les écoles chrétiennes.

Le sous-titre "Bolloré et les écoles de Lestonan" est bien choisi, car si les documents illustrent bien les batailles politiques et administratives qui ont accompagné les premières années des écoles publiques, ils éclairent également les conditions de la construction des écoles chrétiennes privées en 1928-29 par le patron des papeteries Bolloré.

La richesse documentaire du livre provient des Archives départementales, mais également des comptes-rendus des conseils municipaux, des lettres d'instituteurs, des rapports de l'inspection académique qui apportent des informations précieuses et inédites.

Image:right.gif En savoir plus : « AC'H François et RAULT Roger - Les écoles publiques de Lestonan, 1880-1930 » en rubrique [ Bibliographie ]

Billet du 31.07.2010

Vieux loup de papeterie

Un article sur la mémoire par l'évocation d'un véritable patriarche précurseur à la tête d'une famille de papetiers sur plusieurs générations :

Celui que René Bolloré qualifiait de « vieux loup de papeterie » a marqué son époque, ce aussi bien dans son quartier natal d'Odet que du côté de Cascadec où il a contribué au démarrage de la deuxième papeterie du groupe Bolloré.

France du Guérand le décrit ainsi : « Un grand homme d'allure noble aux favoris et à la barbe blanche, dans un costume breton bleu de Roi, brodé du même ton que les genêts en fleurs. ».

On le voit ci-contre sans la barbe, mais avec ses longs favoris blancs. La photo originale, plus large, rassemble les dix cadres principaux de l'entreprise Bolloré en 1911, et Jean-Pierre Rolland est tout proche du patron, à sa gauche. La plupart d'entre eux, qu'ils soient d'Odet ou de Cascadec, ont été reconnus.

L'article donne aussi, au travers de ses neuf filles, la liste des nombreux descendants directs ou indirects qui ont participé à la bonne marche de l'entreprise Bolloré : Emile Rannou, Henri Le Gars, Joseph Huiban, Guillaume et Mann Kerourédan, Pierre et Pierrot Eouzan, Jean Guéguen, Jean Rivoal ...

On y trouve également le récit de la mort tragique du grand homme sur son char à bancs, et l'évocation de son souvenir sur son lit de mort.

Image:right.gif En savoir plus : « Jean Pierre Rolland (1855-1914), papetier »

Billet du 29.07.2010

Déguignet et les juifs

Jean-Marie Déguignet, à force d'être anticlérical et cathophobe, pouvait-il être antisémite en défendant avec autant de vigueur Alfred Dreyfus ?

Dans ses mémoires Jean-Marie Déguignet a largement exprimé son rejet de la religion de Jésus-Christ qu'il qualifie de juif car né en terres juives de Galilée. Il n'a cessé de critiquer cette religion et des fables inculquées aux populations, notamment aux paysans bas-bretons. Il s'est attaqué aussi aux Jésuites. Est-ce pour autant qu'on pourrait l'accuser d'anti-sémitisme ?

Lorsque Déguignet décède en 1905, il faudra bien attendre un an encore avant que le capitaine juif Alfred Dreyfus soit pleinement innocenté. Certes il avait été gracié en 1899 par le président Loubet, mais d'un point de vue légal il restait "coupable" et "traitre" de surcroit. Jean-Marie Déguignet n'est pas moins convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus et l'écrit dans ses mémoires où il dénonce à la fois le rôle néfaste des journaux nationalistes et dreyfusards, et les malversations commises par les cadres de l'armée française dans laquelle il avait lui-même été enrôlé.

Il commence sa plaidoirie par « Certains journaux jésuitico-catholiques avaient déclaré une guerre à mort à tous les juifs et judaïsants », et plus loin : « Il n'y avait plus en France alors que des dreyfusards et antidreyfusards, ou sémites et antisémites ». Et il se range explicitement parmi les dreyfusards et sémites. Il fait même le reproche aux « cléricofards » d'oublier leurs origines en criant « À bas les juifs ! ».

Image:right.gif En savoir plus : « Les positions de Jean-Marie Déguignet sur l'affaire Dreyfus »

On pourra par ailleurs consulter une analyse complémentaire sur la fiche bibliographique d'une entrée de blog journalistique écrite en 2006 sur les travers cathophobes de Déguignet. Le journaliste écrit : « Et l'on voit revenir ensuite, sous la plume du républicain laïque Déguignet, cette idée que l'esprit "sémitique" a corrompu la civilisation "aryenne" à travers le christianisme, qui fait ainsi le malheur de toute la terre ». Peut-on être d'accord ?

Image:right.gif En savoir plus : « PLUNKETT Patrice (de) - Aux racines de la cathophobie : le cas Déguignet »

Billet du 26.07.2010

Chahut Anti-Constitutionnel

En breton on parlerait même de « reuz » (*) pour qualifier le climat entre les partisans et les opposants de la Constitution Civile du Clergé (**) :

Voici une sélection de documents, dont certains inédits et découverts récemment, attestant des difficultés de mise en place de la loi de 1790 (**).

Tout d'abord les lettres du recteur Alain Dumoulin, en brouille avec le Directoire du District de Quimper, essayant maladroitement de défendre ses droits à revenu.

Image:right.gif « 1790 - Trois lettres d'Alain Dumoulin au Directoire du District de Quimper »

Ensuite la lettre de la municipalité qui demande timidement aux administrateurs du District et du Département de maintenir en poste leurs prêtres qui ont tous, le recteur y compris, eu la mauvaise idée de ne pas signer la serment Révolutionnaire.

Image:right.gif « 1791 - Demande du maire pour le maintien de prêtres réfractaires »

Les échanges très vifs entre le recteur qui voudrait se maintenir à la cure et son remplaçant constitutionnel qui veut l'en chasser.

Image:right.gif « 1791-1792 - Echanges épistolaires entre un prêtre réfractaire et un assermenté »

Le compte-rendu rédigé par le Directoire de Quimper suite à un « acte extérieur de religion », à savoir le pardon de Kerdévot, interdit par la loi Républicaine. Les prêtres, en l'occurrence constitutionnels, seront dénoncés, mais « aucun trouble ne s'est élevé au milieu des citoyens paisiblement réunis à Kerdévot ».

Image:right.gif « 1795 - Dénonciation d'un pardon anti-constitutionnel à Kerdévot »

L'attestation de résidence d'un prêtre par le maire de la commune d'Ergué-Gabéric entre 1792 et 1795, déclaration pour prouver « qu'il n'a point et n'est point émigré, qu'il n'a pas et qu'il n'est pas détenu pour cause de suspicion ou contre-révolution ».

Image:right.gif « 1798 - Attestation de résidence gabéricoise pour un prêtre »

Billet du 18.07.2010

(*) REUZ : g. ravage, (drame, malheur, loc. mauvais oeil), parf. grabuge (vacarme), embarras, parf. (en) chaleur, (faire) rage. (dictionnaire Favereau).
(**) La loi sur la Constitution Civile du Clergé, votée le 12 juillet 1790 par l'Assemblée nationale constituante, devait remplacer le Concordat de 1516 et visait à réorganiser en profondeur l'Église de France, transformant les prêtres paroissiaux en « fonctionnaires publics ecclésiastiques ».

Coiffe gabéricoise du 19e

Enquête sur la coiffe à huppe ou capuche portée en pays glazik au 19e siècle avant l'apparition de la borledenn à bord large et filet brodé :

La très belle lithographie ci-contre, titrée « Jeune Fille du Grand-Ergué », fut publiée comme une simple illustration d'un article intitulé « Le Breton » par Alfred de Courcy en 1842, dans le tome II d'un ouvrage collectif intitulé « Les Français peints par eux-mêmes. Types et portraits humoristiques à la plume et au crayon. Mœurs contemporaines ».

On est bien loin de la coiffe quimpéroise actuelle, la Borledenn à bord large avec ses trois pièces en filet brodé et satin. On a affaire ici à une coiffe en drap de lin dite à capuche, dont les grandes ailes tombent latéralement encadrant les côtés du visage. Le tablier est assortis de jolis couleurs gaies qui tranchent avec le noir et les bandelettes rouges du bustier.

En savoir plus : « Lithographie d'une coiffe à capuche gabéricoise »

L'article nous révèle :

  • L'identité de l'auteur de l'illustration, le professeur de dessin Prosper Saint-Germain de Morlaix.
  • L'édition complète des 81 pages rédigées par Alfred de Courcy, avec ses croquis.

Billet du 07.07.2010

Nota: saura-t-on un jour qui était la jeune fille gabéricoise au sourire à la Mona Lisa et posant devant le professeur de dessin ?

Lizher d'an Aotrou Roue

Les suites de la quête pour retrouver la lettre en breton adressée par le conseil paroissial d'Ergué-Gabéric à leur roi Louis-Philippe :

La lettre gabéricoise au roi Louis-Philippe a souvent été présentée comme un modèle de roublardise rurale pour obtenir une aide financière, tout en s'apitoyant d'un nouvelle tentative d'assassinat. Mais cette lettre rédigée en breton a-t-elle existé ?

Il y a quelques mois nous avions retrouvé et publié la lettre d'accompagnement du préfet et les inscriptions dans les registres des services administratifs de la Monarchie de juillet. Mais il persistait une double information et interrogation : « L'original est au bureau des secours », « Cette adresse bretonne a été citée dans les journaux pour sa singularité ».

Aujourd'hui le second mystère est levé : l'affaire fut d'abord évoquée dans le journal régional L'Armoricain de Brest, et reprise ensuite dans le grand quotidien national Le Siècle.

En savoir plus : « Lettre en breton au roi Louis-Philippe, Le Siècle et L'Armoricain 1837 »

La version publiée dans Le Siècle permet de compléter le dossier, et notamment de confirmer la présence d'expressions et de tournures bretonnes issues de la lettre originale, et d'apprécier la valeur de la version re-traduite en langue bretonne par le mémorialiste Per-Jakes Hélias.

Dossier complet : « 1837 - Lettre en breton de paroissiens gabéricois à leur roi Louis-Philippe »

Billet du 03.07.2010

Chasse aux ivrognes au 19e

L'emprise de l'alcool sur les habitants des campagnes bretonnes était-elle réelle au 19e siècle ou est-ce une image d'Epinal ?

Au 19e siècle en Basse-Bretagne il est notoire que l'alcoolisme faisait des ravages. Deux préfets du département, le baron Germain-Joseph Boullé et Charles Richard, ont mené une lutte contre le fléau, en tentant notamment de contrôler les cabarets et leurs habitués. Ergué-Gabéric n'a pas échappé à la nécessité de réglementation, pour preuves deux documents datés de 1844 et de 1839.

Il s'agit d'abord d'une lettre de demande d'autorisation du maire pour l'apposition de placards de lutte contre l'alcoolisme dans les cabarets de la commune, accompagnée du projet de placard avec son règlement : « Art 3. Du premier avril au 1er octobre les cabarets ne pourront être ouverts avant 4 heures du matin, et ils devront être évacués et fermés à 8 heures du soir [...] ».

On a profité de cet article pour faire le point sur la localisation des débits de boissons sur le territoire communal au 19e siècle.

En savoir plus : « 1844 - Placards réglementaires pour les cabarets gabéricois »

On trouvera également un article du journal Le Quimpérois en 1839 où il est question de trois accidents tragiques d'ivrognes gabéricois et du sermon du prêtre contre l'infamie d'alcoolisme. Si le ton du journaliste est grave, la situation du troisième individu n'en est pas moins cocasse : « ce n’est qu’après l’avoir couvert d'une épaisse couche de fumier qu’on a pu le rappeler à la vie ».

En savoir plus : « Deux morts et un rescapé suite à ivresses prononcées, Le Quimpérois 1839 »

Billet du 26.06.2010


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