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Sant Meen

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1 Fiche signalétique


s. Méen
Vie / Buhez : né au pays de Galles au 6e siècle, abbé du monastère de Gaël, invoqué contre la lèpre
Genre / Reizh : Masculin
Signification / Sinifiañs : Mau=Agile
Variantes / Argemmoù : Meen (Bretagne) - Meguenni (Bretagne) - Meuuin (Bretagne) - Meven (Bretagne) - Mevenig (Bretagne) - Mewan (Cornouaille) - Mewen (Bretagne) - Mewenig (Bretagne) - Min (Bretagne) - Minig (Bretagne) - Mewan (Jersey)

2 Almanach


le 21 juin 2018 ~ d'an 21 a viz Mezheven 2018
Saint(e) du jour ~ Sant(ez) an deiz s. Meen (né au pays de Galles au 6e siècle, abbé du monastère de Gaël, invoqué contre la lèpre)
Proverbe breton ~ Krennlavar Etre Pempoull ha Lokemo, Emañ gwele an Ankou.

[Entre Paimpol et Locquémau se trouve le lit de la Mort.]




Almanach complet : [Calendrier:Vie des saints]

3 Sources

4 Iconographie

St Méen à Jersey
St Méen à Jersey

5 Monographies

Ephéméride de l'Eveché de Quimper :

Saint Méen

Fêté le 21 juin

D'après la tradition, Méen (ou Meven) est né 520 à Ork, dans le sud du pays de Galles. Disciple de saint Samson, il accompagne son maître en Armorique. Plus tard il quitte Dol et fonde son propre monastère à Gaël, et c'est là qu'il meurt le 21 juin 617. Le monastère de Gaël ayant été détruit par les Normands, un nouveau monastère sera construit plus au nord, à Saint-Méen-le-Grand. Le tombeau devient, dans la suite, l'objet de la faveur des pèlerins. On y venait se faire guérir de la gale, dite justement "mal de saint Méen".

Le culte de saint Méen s'est répandu dans toute la Bretagne. Parmi les paroisses qui se réclament de son patronage, citons Saint-Méen-le-Grand (35) et Saint-Méen près de Lesneven, et aussi Tréméven et Ploéven (29). Hors de Bretagne, le saint est l'objet de la dévotion des fidèles, jusque dans le Périgord et le Jura.



Ganet e tro ar bloaz 520 e Bro-Gembre, Meen (pe Neven) e ya da vanac'h en eur gouent renet gant Samson. Heulia a ra e vestr betek Bro-Arvorig. Diwezatoc'h, Meen a font diouz e du eur manati nevez e Gaël, hag aze e varvo en bloaz 617. Pa oe bet distrujet ar manati-se gant an Normaned, eur manati all e oe savet el lec'h anvet breman Sant-Meen (pe Sant-Neven). Bez ar zant e veze darempredet gwechall gant ar birhirined o klask parea euz ar rogn anvet evid-se droug sant Meen.

Vie des Saints d'Albert Le Grand :

LA VIE DE SAINT MEEN

Confesseur, Fondateur et premier Abbé du Monastère de Gaël, le 21 juin.

Saint Méen estoit natif de la province de Cambrie, autrement nommé Sud-Wallia, en l'Isle de Bretagne. Ses parens demeuroient en une Ville aux quartiers de Went, qui s'appeloit Orkh, & estoient proches parens de saint Samson, Archevesque d'Yorkh, en Angleterre, puis de Dol, en Bretagne Armorique. Ils furent soigneux de bien élever la jeunesse de leur enfant, l'apprenant, tout petit qu'il estoit, à prier Dieu ; à quoy il se rendoit frot prompt. Il fut, puis aprés, envoyé à l'écolle, où il s'adonna tellement à l'étude, & des lettres & de la vertu, qu'il laissoit loin derrière soy tous ses condisciples, sans pour cela, en rien, se préferer à eux, ny s'en glorifier en façon quelconque, ayant jetté dans son cœur de profondes racines d'humilité.

II. Estant sorty des écolles, & retourné chez son Pere, ses Parens esperoient joüir de sa douce presence, & le retenir prés d'eux pour soigner leurs affaires ; mais luy qui estoit touché de Dieu & appellé à plus haut degré de perfection, ayant supplié humblement Nostre Seigneur de le conduire & mettre au chemin de son salut, se déroba d'eux & alla trouver son Oncle saint Samson à Yorkh, duquel il fut receu à bras ouverts, le saint Prélat sçachant bien qu'il estoit guidé de l'esprit de Dieu, & que ce devoit estre, un jour, le pere de plusieurs bons Religieux, qui travailleroient à bon escient en la vigne du Seigneur. Il fut quelque temps au Monastere en habit Seculier, entendant la doctrine de son Oncle & servant aux Religieux, jusqu'à ce qu'ayant fait preuve de sa vertu, patience, perseverance & devotion, il fut vestu par saint Samson, qui aussi le receut à Profession, &, le voyant croistre à veuë d'œil & s'avancer de vertu en vertu, luy confera tous les Ordres & enfin la Prestrise.

III . Quelque temps aprés, saint Samson, ayant receu commandement de Dieu de passer en nostre Bretagne Armorique, fit choix d'un bon nombre de ses Religieux, lesquels il jugea plus propres à la conversion des Ames ; du nombre desquels fut l'heureux Méen. Ils passerent la Mer & aborderent au rivage de Bretagne, où saint Samson, ayant fait plusieurs miracles, fut les tres-bien venu & entra si avant és bonnes graces des habitans, qu'ils luy aiderent, de bon cœur, à bastir un Monastere pour soy & ses Religieux, en la ville de Ker-feunteun (on la nomme à présent Land-meur, distant deux lieuës de Morlaix), là, où s'estant resserré avec ses Moynes, il vaquoit à continuelles prieres & autres saints exercices, preschant, instruisant & Catechisant le peuple qui, à troupes, le venoient trouver. Mais Dieu, pour luy donner occasion de plus travailler pour sa Gloire & le salut des Ames, permit que tous les Evesques de Bretagne (la pluspart ses Compatriottes, refugiez de l'Isle comme luy) l'éleurent volontiers pour leur Metropolitain, luy deferant la mesme preséance & authorité sur eux, qu'il avoit, en l'Isle, sur ses suffragans, estant Archevesque d'Yorkh. Alors, il institua saint Magloire Abbé de Ker-feunteun & continua à communiquer aux peuples circonvoisins la clarté de sa Doctrine Celeste.

IV. Il jugea incontinent que Méen, son Disciple, estoit propre à telle conqueste, c'est pourquoy, de l'avis & deliberation universelle des freres, il luy donna son Obedience & Benediction & un nombre de Freres, luy donnant pouvoir d'accepter des Monasteres quand il luy en seroit offert, recevoir Religieux & se porter entierement comme Abbé. Saint Méen, ayant pris congé de ses Confreres, se mit en chemin avec sa troupe, marchans par le pays, &, arrivez és terres du Seigneur de Gaël, qui estoit bon Catholique, Aumônier & Religieux, ils le rencontrerent en leur chemin & le saluerent gratieusement ; luy, les ayant aussi saluez, les pria deluy faire cette faveur que de vouloir entrer en sa maison pour se rafraischir, & qu'il tascheroit à les accommoder lemeiux qu'il pourroit. Le Saint répondit pour tous, &, l'ayant remercié de sa charité, accepta l'offre, entra dans le Manoir & y séjourna quelques jours.

V . Pendant le temps que le Saint demeura chez ce Seigneur, il eut plusieurs Colloques & devis spirituels avec luy, & tellement l'embrasa de l'Amour de Dieu & du desir de le servir en estat de Religion, qu'il supplia saint Méen d'accepter cette sienne Seigneurie, avec toutes ses appartenances, à condition d'y bastir un Monastere & l'y recevoir Religieux. Saint Méen remercia Dieu de cette faveur & accepta l'offre dudit Seigneur aux conditions proposées, & , laissant quelques uns de ses Moynes avec luy, s'en retourna à Dol faire sçavoir le tout à saint Samson & à saint Magloire, lesquels, ayans rendu graces à Dieu, le renvoyerent avec tout pouvoir touchant cette affaire. Estant de retour à Gaël, il fit sa reponse audit Seigneur, lequel, incontinent, manda des ouvriers de toutes parts, ayant amassé tous les materiaux qu'il jugeoit necessaires pour l'édifice, & incontinent mist ses gens en besogne, en sorte qu'il y avoit grande apparence que, dans un peu de temps, on verroit ce Bastiment parfait. Une seule chose incommodoit les Artisans, c'estoit faute d'eau pour détremper leur mortier, la prochaine eau estant si éloignée d'eux, qu'on perdoit bien du temps & avoit-on bien du mal à l'aller querir.

VI . Saint Méen averty de cela, plein de foy, se prosterna en Oraison, en laquelle il pria Dieu de leur donner de l'eau, &, s'estant levé, il ficha son bourdon en terre, lequel retirant, il fit jaillir une source d'eau vive, laquelle se voit encore maintenant, & est fort renommée pour la vertu qu'elle a de guerir d'une maladie, nommée par les Medecins Prosa, & par le vulgaire le mal de saint Méen, qui est une forte galle ou rogne, qui ronge jusqu'aux os. Le Monastere, fait & parfait, fut dedié en l'honneur du glorieux Précurseur saint Jean-Baptiste, duquel ces bons Peres se proposoient imiter, & le zele & l'austerité. La renommée de la sainte vie que menoient ces bons Religieux estant répenduë par toute la contrée, grand nombre de jeunes gens, tant Nobles qu'autres, y aborderent, desireux de vivre sous la regle & discipline de saint Méen ; entr'autres Judicaël, Roy de Bretagne Armorique, ne pouvoit se rassasier des bonnes et saintes instructions de saint Méen, lesquelles il entendoit tres-volontiers & mettoit soigneusement en pratique. Epris d'un desir de servir Dieu en estat de Religion, estant de retour de la guerre de France, le chef orné de lauriers & les mains chargées de palmes, foulant aux pieds la victoire mesme, s'en vint au Monastere de Gaël, quitte sa Pourpre Erminée, mist bas le Diadesme, &, recevant humblement l'habit Monachal, passa le reste des ses jours dans ce Monastere, lequel, estant étroit & ruïneux en plusieurs lieux, il fit augmenter & reparer de plus de moitié, y annexant de grands revenus ; & y vescut en telle sainteté & perfection, qu'il merita, aprés sa mort, d'estre canonisé.

VII . Le quatriéme frere de saint Judicaël, nommé Hoël, jeune Prince fougueux & ayant le feu dans la teste, bien different d'humeurs & de mœurs de ses trois autres freres, Saints Judicaël, JOsse & Winokl, faisoit sa demeure ordinaire en un Manoir joignant le Monastere de Gaël, foulant & oppressant les paysans par ses exactions & violences. Un de ses serviteurs n'ayant peut-estre voulu executer quelque sien inique commandement, ou pour quelque autre occasion, estant tombé en sa disgrace, fut par son commandement, serré prisonnier & détenu en une basse fosse, & là tourmenté d'autres peines, de sorte qu'à peu que ce pauvre homme ne perdist patience. Saint Méen, visitant un jour les cellules des ses Religieux, entendit les cris &lamentations de ce pauvre captif, &, s'estant enquis que c'estoit, il luy fut dit que c'estoit un pauvre homme que le prince Hoël tenoit aux fers. Incontinent, il dépesche deux de ses Moynes pour aller, en son nom, interceder pour ce pauvre homme & supplier le Prince de le mettre en liberté ; les Moynes y allerent, mais en vain, car il ne leur fut jamais possible de fléchir le cœur obstiné de ce Prince. Saint Méen, voyant cela, se met en priere, suppliant Dieu d'avoir pitié de ce pauvre homme, &, incontinent, sa priere achevée, cet homme fut, par le ministere d'un Ange, délivré de sa prison & vint au Monastere remercier Dieu & S. Méen & se jetter en franchise entre ses bras.

VIII . Hoël, entendant que son prisonnier estoit eschappé & qu'il s'estoit jetté dans le Monastere, comme en lieu sacré & de franchise, dépesche promptement vers saint Méen, le somme de lui rendre son prisonnier ; le saint Abbé s'en excusa honnestement, disant qu'il ne pouvoit livrer entre ses mains un pauvre homme qui s'estoit jetté en franchise dans son Monastere, comme en lieu saint & privilegié ; cependant, il cacha ce pauvre homme dans l'Eglise, pensant que Hoël ne l'en tireroit par force ; mais il en avint tout autrement : car le Prince, ayant entendu la réponse du Saint, & ne s'en tenant satisfait, vint au Monastere, tout bouillant de colere, mist la porte de l'Eglise en pieces, en tira ce pauvre homme, collé aux pieds du grand Autel, les mist hors violemment, nonobstant les humbles prieres de saint Méen & de ses Moynes, lesquels, n'en pouvans tirer autre chose, exhortoient ce pauvre homme à la patience, & que, dans peu de temps, il seroit affranchi ; & saint Méen, s'adressant à Hoël, luy dist d'un Esprit prophetique : "qu'il pensast bien à sa conscience & qu'il commençast à faire penitence, parce que, dans trois jours, il mourroit, & faudroit rendre compte au Juge souverain".

IX . Ce jeune folastre, oyant cela, se prit à rire à gorge déployée & se moquer du saint Abbé & de ses prédictions, comme des resveries de quelque vieil radoteur, puis monta à cheval, s'en retourna, rammenant son prisonnier, bien resolu de luy faire ressentir les effets de sa rage. Mais Dieu arresta bien ses fougues, car, comme il arrivoit devant le portal de son Manoir, il piqua son cheval pour luy donner carriere, lequel, d'une ruade, jette son homme bas & luy rompt une cuisse ; la secousse ayant esté si rude, qu'il cheut à la renverse tout brisé & moulu. Lors, revenant à soy & se souvenant de ce que saint Méen luy avoit prédit, le voilà au repentir : il se fait porter en son Manoir & coucher dans son lit, délivre son prisonnier & le supplie, à jointes mains, d'aller au Monastere, & prier saint Méen de luy pardonner, luy raconter l'accident qui luy estoit arrivé & le supplier de prendre la peine de le venir voir. Le saint Abbé, ayant sceu cét accident, vint voir Hoël, le reprit aigrément de ses déportemens passez, l'exhortant à en demander pardon à Dieu & endurer patiemment cette affliction, bien petite au prix de ce que ses pechez meritoient, il l'excita à une vraye Contrition, l'entendit de Confession, luy administra les autres Sacremens & le disposa à la mort, laquelle l'emporta le troisiéme jour, comme le Saint luy avoit prédit.

X . Le terroir de Gaël, fort gras & fertile, estoit fort endommagé par certaines petites bestioles, lesquelles, sortans de leurs tanieres, quand le bled s'en alloit meur, y faisoien tun grand dégast. Saint Méen ayant experimenté le dommage qu'elles faisoient au Monastere, ayant fait Oraison, s'alla presenter devant la taniere où se retiroient ces bestes & leur commanda, de la part de Dieu, de se retirer si avant dans le desert, qu'elles ne pûssent faire plus dommage, ny au Monastere, ny à personne, à quoy elles obeïrent, prenant leur chemin à travers pays, & jamais depuis n'en fut veu en ce pays-là. Ayant mis fin à l'édifice, tant spirituel que materiel, de son Monastere, voyant tout en bon ordre, la discipline reguliere en vigueur & le pays instruit par ses Religieux, il resolut de faire le voyage de Rome pour visiter les Sepulchres des Princes des Apostres saint Pierre & saint Paul & les autres Saints lieux qui sont, tant dedans que hors les murs de cette sainte Cité. Il prit donc congé de ses Religieux, desquels en ayant choisi quelques uns, se mit en chemin, faisant, par tout où il passoit, de grands miracles. S'en allant par Angers, il fut prié de prescher en la grande Eglise, ce qu'il fit avec un grand applaudissement & édification des Auditeurs.

XI . En cette Ville, une bonne Dame, meuë du recit qu'elle avoit ouy faire de sa sainteté & des miracles que Dieu avoit operé par luy, le vint trouver & le supplia de la vouloir délivrer des dommages qu'elle recevoit d'un horrible Dragon, lequel avoit sa retraitte ordinaire en un petit boccage situé au plus beau & fertil endroit de ses terres, lesquelles, crainte de cette horrible beste, demeuroient infructueuses & vagues, personne n'osant en approcher. Cette Dame estoit fort vertueuse & de sainte vie ; à laqulle le Saint promist tout contentement. Ce Serpent avoit sa caverne en un détroit qui est prés l'Abbaye de saint Florent, sur le bord de la riviere de Loyre. Saint Méen s'y fit mener ; mais ses guides & le peuple qui le suivoient pour voir l'issuë de l'affaire, estans arrivez à veuë du lieu, le luy monstrerent du doigt, n'osans en approcher plus prés ; le saint Abbé fléchit les genoux en terre, & ayant fait sa priere à Dieu & celebré la sainte Messe en l'Eglise prochaine, s'en alla droit à la caverne du Dragon & luy commanda de sortir, ce qu'il fit incontinent, étincelant des yeux, froissant la terre de ses écailles & faisant un sifflement si extremément horrible, que tout le pays circonvoisin en retentit ; il s'approcha de luy, luy noua son Estole au col & le mena ainsi, comme une beste domestique, jusques sur le bord de la Loyre, où il luy commanda, de la part de Dieu, de s'y précipiter, ce qu'il fit devant tout le peuple.

XII . Cela fait, il revint à Angers, où toute la Ville luy alla au devant, le recevant avec l'honneur que sa sainteté & ses vertus meritoient, & cette bonne Dame, en reconnoissance de ce bien-fait, & pour éternelle memoire de ce miracle, lui donna cette terre qu'il avoit purgée de ce Dragon, où il bastit un Prieuré dépendant de son Abbaye de Gaël, y mist de ses Religieux & en vétit d'autres ; puis l'ayant accomply, se disposa à poursuivre son chemin vers Rome ; mais Dieu luy revela qu'il le vouloit retirer à soy, pour le recompenser de ses travaux, ce qu'il raconta à ses Freres, lesquels luy conseillerent de retourner à Gaël, pour y mourir chez soy & parmy ses Freres ; il crût leur conseil & revint en son Monastere, au grand contentement de ses Religieux.

XIII . Peu aprés, il tomba malade, &, dans peu de jours, fut si abattu, tant à cause de sa vieillesse, qu'à raison des grandes austeritez lesquelles il avoit toujours pratiquées sur son pauvre corps, qu'il sentit bien sa fin approcher ; il appella tous ses Religieux, auxquels, fondans en larmes prés de sa couche, il fit une grave & amoureuse Prédication, les exhortant à la perseverance, en l'Observance de leurs vœux, à garder la pureté de leur Regle ; &, appercevant un jeune Religieux, nommé Frere Ausole, plus triste & déconforté que les autres, ne se pouvant tenir de lamenter de départ de son bon Pere, le saint Abbé l'appella prés de sa couche, &, essuyant luy-méme les larmes de ses yeux, luy dist d'un Esprit prophetique : "Mon fils, ne vous attristez pas de mon départ : car nous ne serons gueres separez l'un de l'autre ; je vay devant vous comme vostre Pere, & vous, dans huit jours, vous me suivrez ; partant, disposez-vous hardiment à ce passage".

XIV . Ayant dit cela, il demanda à recevoir l'Extréme-Onction, ayant déjà eu le Sacrement de Penitence & le Viatique ; puis, ravi en une profonde contemplation, les yeux, le cœur & les mains élevées en Dieu, il rendit son glorieux esprit és mains de son Créateur qui l'avoit creé pour sa Gloire, le vingt-uniéme Juin, environ l'an de salut six cent soixante & cinq ; regnant en nostre Bretagne Alain II du nom, Néveu du Roy Salomon, second Roy des deux Bretagnes haute & basse, réünies en un tige par la cession qu'en fit saint Judicaël. Le Corps saint fut honorablement ensevely dans son Monastere, en un Sepulchre élevé, à costé droit du Maistre Autel, où Dieu fit de grands miracles en preuve de sa Sainteté. Là furent gardées ses venerables Reliques en grand honneur & reverence, jusques en l'an de grace 878, que les Normands & Danois estans descendus en nostre Bretagne, détruisans les Eglises & Monasteres, brûlans les saintes Reliques & jettans les cendres au vent, elles furent par les Moynes enlevées & portées à Saint-Florent, où elles ont demeuré un long-temps ; mais depuis on en a recouvert quelques parties, qui sont déposées dans l'Abbaye de Gaël, laquelle, du nom de son premier Abbé, s'appelle saint Méen. Ce Monastere a esté grandement chery par les anciens Princes Bretons, qui y ont fait de grandes aumônes & luy ont donné plusieurs beaux privileges. Le bon Duc Geoffroy I du nom, entreprit de le rebastir tout à neuf ; mais, prévenu de la mort, il en laissa le soin à son fils le Duc Alain III, qui s'en acquitta, faisant reparer les Eglises de sainte Marie & de saint Gicquel, &, de plus, donna à l'Abbé Hugues & aux Moynes dudit Monastere permission d'avoir marché & change d'or & d'argent en leur Ville, l'an 1029. Ce Monastere est renommé par toute l'Europe & devotement visité par les Pelerins, nommément par ceux qui sont affligez du mal que le vulgaire appelle le mal de saint Méen, qui y trouvent le plus souvent du soûlagement, par l'intercession & merite de ce saint Abbé.

Portail ViaOuest :

Confesseur, fondateur et 1er abbé du monastère de Gaël (sur les bords du Meu), Saint Méen est né au 6ème siècle, dans l'ancien district d'Ercing au Pays de Galles.

Neveu et disciple de Saint Samson, il l'acompagna lors de sa venue en Armorique et s'installa sur les terres du seigneur de Gaël ou il édifia son monastère. Renommé pour sa grande piété, Saint Méen réalisa des miracles, dont celui de faire jailir une source réputée pour guérir "une forte gale, ou rogne qui ronge jusqu'au os."

Saint Méen, saint sauroctone (tueur de dragon), est surtout invoqué dans le cas de traitement de santé mentale ou de lèpre.

Ile de Jersey :

Mewan (in French, Méen - pronounced like French "main") came from Wales and was a companion of Saint Sampson. Although no memory appears to have been preserved in Jersey tradition of Mewan's visit to the Island, it is a tradition that is kept in mainland Normandy where the saint is venerated for his healing powers.

He subsequently travelled to Nanteuil where he joined Marcouf's monastery.